NANCY | Le street-art entre poésie et art urbain

Depuis quelques jours, de drôles de messages foisonnent sur les trottoirs du centre-ville nancéien mais pas que. Campagne de street-marketing ou appropriation de l’espace public par un artiste ?

Serait-ce un jeu de piste ? Un élan verbal, une dernière bouée lancée non pas à la mer mais dans l’espace public par un amoureux transit en quête de retrouver sa moitié ? L’action d’un tagueur sauvage ? D’un artiste en manque de partage qui n’a plus assez de ses toiles pour s’exprimer ? Un récalcitrant qui cherche à se frotter aux frissons de l’interdit et aux PV qui menacent ? Toutes les hypothèses sont possibles. Car aucune signature n’accompagne les œuvres. Seul élément de preuves : les messages. Il y a ceux qui sont visibles. Sur un trottoir directement ancré dans le bitume, un passage-piétons, sur l’envers d’un panneau de signalisation. Et d’autres davantage cachés. Où il faudrait presque les chercher pour les découvrir. Regarder ses pieds, lever la tête, il faut choisir. Mais surtout les lire. Poétique, énigmatique, mystérieux, invitation malicieuse, il y en a pour tous les goûts. Difficile de voir la réaction des gens derrière leur masque, mais en prêtant attention quelques instants, on se rend vite compte que beaucoup y jettent un œil. Presque normal, les œuvres sont apposées dans des lieux stratégiques de la cité ducale.

Des impromptus passionnés

Réalisés au pochoir ou à la bombe, ils ont envahi le centre-ville. En noir, en blanc ou avec plus de libertés dans la colorimétrie pour d’autres, et surtout avec l’effet 3D et le rendu final très propre, difficile de passer à côté. Pour faire réfléchir, questionner, rappeler ou simplement sourire ?

Des instants impromptus que l’on doit en fait à l’artiste mulhousien Pierre Frænkel. Ce poète urbain n’est pas un inconnu à Nancy puisqu’il fut un des étudiants aux Beaux-arts une dizaine d’années avant l’an 2000. S’il s’est retrouvé à battre le pavé des rues nancéiennes, c’est simplement qu’il accompagnait sa femme en stage de reconversion professionnelle. Et comme un artiste n’est jamais à court d’idées, il a investi, avec ses mots et ses pochoirs, la ville par surprise. Un peu finalement ce qu’il nous provoque quand on se prend au jeu de la découverte des messages aux quatre coins de la ville. Ne serait-ce pas une belle définition de la culture en bas de chez soi mais surtout à ses pieds ? A consommer sans modération.

Baptiste Zamaron

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