Régionales : deux rassemblements, c’est combien de trop ?

Éliane Romani (à g.) et Aurélie Filippetti : pour l’heure, pas de rapprochement en vue. Photo DR

À « l’appel inédit », lancé l’an dernier autour notamment d’Aurélie Filippetti, a succédé en début de mois le « pacte », que conduira la Verte Éliane Romani. Conséquence, gauche et écolos abordent les régionales en ordre dispersé.

Preuve que c’est faisable… Les Hauts-de-France ont réussi un tour de force le week-end dernier en scellant un rassemblement de la gauche, de toutes les gauches, au sein d’un seul et même collectif, pluriel. Dans le Grand Est ? C’est passé près. Mais on reste loin du compte à ce stade. En décembre dernier, l’ancienne ministre Aurélie Filippetti, entourée de la socialiste Pernelle Richardot et de la députée insoumise Caroline Fiat, a pourtant donné une impulsion en lançant « l’appel inédit », où se mêlent d’autres sensibilités, le mouvement Génération.s de Benoît Hamon par exemple, et même des communistes. Ces derniers jours, « l’appel inédit » a fêté ses premières mille signatures d’élus et de personnalités politiques. Mais badaboum… Le 6 mars, un autre rassemblement de gauche s’est fait jour, un « pacte » en l’occurrence, conclu entre Europe Écologie Les Verts, le Parti socialiste et le PCF notamment. Tête de liste attendue : Éliane Romani, déjà intronisée par Europe Écologie Les Verts.

Dimanche dernier, les adhérents du Pacte écologistes étaient invités à se prononcer. Sont-ils favorables à un ralliement au « pacte » ? Ils ont répondu oui, à une nette majorité (73 %). Le sont-ils, également, à ce que des échanges aient lieu avec les cheffes de file de « l’appel inédit » ? Les résultats sont peut-être plus flous. Officiellement, ils ne seraient que quatre militants sur dix à approuver cette direction. Mais la guerre des chiffres est déclarée et d’aucuns allèguent, par voie de courriels anonymes et de captures d’écran, que les scores ont été « bricolés » à force de pondération. « Ils ne respectent pas les principes de base de la démocratie qui veulent qu’une voix égale une voix », s’étonne ainsi Aurélie Filippetti.

« Canada Dry »

L’ancienne députée de Moselle – actuellement sans mandat ni carte d’adhérente où que ce soit – considère d’un œil défiant l’émergence du « pacte ». Elle a une formule d’ailleurs : « Il y a le rassemblement original et le rassemblement Canada Dry. » Pour elle, « ils ont mis l’oukase sur une partie de ceux qui composent l’arc de gauche », à commencer par La France insoumise (LFI). Dans un communiqué, le 15 mars, LFI a ainsi dénoncé le « sectarisme » et la « volonté de dominer » de la part d’EELV dans le Grand Est. « Cette démarche s’est construite contre “l’appel inédit”, alors que depuis le début on discute avec le Pôle écologiste. J’ai demandé plusieurs fois à les rencontrer, mais ils ont mis des exclusifs, des lignes rouges. Sur le programme, sur la tête de liste, ils veulent imposer. C’est grave de voir comment certains jouent leur carte personnelle contre l’intérêt général. »

Éliane Romani, pour sa part, retient le chemin parcouru : « Le premier pas qu’il fallait faire, c’était de rassembler les écologistes et on l’a fait, rembobine-t-elle. Ensuite, on a engagé la discussion avec les autres partis partageant nos valeurs. On a une force. On a réussi à rassembler au-delà de nous-mêmes, on est très fiers de cela. Maintenant, il n’y a plus qu’à travailler ensemble, le plus gros est fait. » « L’appel inédit » ? « Le Pôle écologiste discute depuis le début avec tout le monde, et on ne va pas s’arrêter là. On est ouverts, on y va par étapes. » Qui pour effectuer le premier pas ? « Cela peut tout à fait être nous, ce n’est pas un problème. Mais on ne va pas discuter pendant trois mois bien sûr. » « Je tendrai la main jusqu’en mai », s’engage de son côté Aurélie Filippetti. Si les contacts échouaient ? « Ce serait une déception. Ce que je retiens des stratégies à géométrie variable d’une région à l’autre, c’est l’affaiblissement des partis », alerte-t-elle.

« On ira au bout », assure en tout cas Éliane Romani. Même conviction, « évidemment », dans le camp de « l’appel inédit ». « On est en train d’inventer quelque chose, termine Aurélie Filippetti, on participe à notre manière à la reconstruction d’un espoir. »

Dos à dos et balle au centre. Enfin, façon de parler.

Pierre Théobald

Un commentaire sur “Régionales : deux rassemblements, c’est combien de trop ?

Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :