Régionales : quel rôle dans le Grand Est pour François Grosdidier ?

Ne pas partir trop tôt ? Le maire de Metz affûte ses armes en prévision des régionales, sans cependant tout dévoiler
de son jeu alors que la campagne n’est pas encore officiellement lancée.

Il y a quelques semaines, l’interrogeant sur ses mœurs en matière de communication et ses trucs et astuces avec les médias, François Grosdidier nous avait indiqué : « Je ne refuse jamais d’interview. » Pourtant ce jour est arrivé, et c’est sur nous que c’est tombé ! Niet, nous a fait comprendre par SMS son chef de cabinet, Fabrice Garau, quand auprès de lui on a sollicité avec le maire de Metz et président de la Métropole un échange autour des élections. « Trop tôt pour en parler », nous a-t-il été répondu, sans que l’on sache si cette fin de non-recevoir s’expliquait par un timing politique jugé inopportun par l’élu Les Républicains ou si cela a à voir avec le calendrier sanitaire, la situation actuelle et les menaces qu’elle continue de faire peser sur l’hypothèse d’un retour à un semblant de normalité, y compris au moment où doit se dérouler le double scrutin de juin prochain, reléguant pour l’heure au second plan stratégies de campagne et projections à moyen terme. Qui sait quels rebondissements le virus – ou si ce n’est lui, ses variants – peut nous infliger à nouveau d’ici là…

Bref, silence et bouche cousue. Si ce n’est que le suspense n’est déjà plus, et qu’au contraire d’un Patrick Weiten, lequel continue de maintenir le mystère sur ses intentions, ou d’un Jean-Luc Bohl, qui vient de se dévoiler, François Grosdidier a eu tôt fait de révéler sa main. Et c’est un jeu à l’exact opposé de celui du maire de Montigny-lès-Metz : tandis que l’un, ancien président de Metz Métropole, quitte la Région, dont il était le premier vice-président, pour se consacrer aux départementales, l’autre, son successeur dans la fonction, a jeté son dévolu sur les régionales. Signe que c’est à l’échelle du Grand Est qu’une métropole a le plus de chances d’exister ? François Grosdidier a tombé le masque dès la fin d’année dernière, après avoir dans un premier temps fait savoir qu’il concourrait dans la compétition électorale de 2021 où il s’estimerait être « le plus utile pour Metz ». Au reste, juge-t-il, « Metz et la Moselle ne pèsent pas du poids qui devrait être le leur » au sein de l’« ex-nouvelle » grande région, aujourd’hui âgée de six ans et pilotée depuis Strasbourg quand l’ancienne Région Lorraine l’était depuis Metz, sa capitale.

L’option de siéger au conseil régional n’étonnera donc guère. Que ce soit sur la question de l’Université de Lorraine, qui donne lieu depuis des mois à des passes d’armes tout sauf policées avec Nancy, sur celles de la gestion des ports lorrains, teintée des mêmes velléités, ou des relations avec le Luxembourg, le successeur de Dominique Gros n’a de cesse de ferrailler, et ce ne sont pas les divergences de vue avec les voisins meurthe-et-mosellans sur les dossiers du CHRU, de l’aéroport régional ou du transfert de la chambre régionale de métiers et de l’artisanat (CRMA), récemment, qui l’incitent à lever le pied. La semaine dernière, en début de conseil municipal, il a ainsi fait voter un vœu appelant au maintien à Metz du siège de la CRMA, soucieux de ne rien lâcher.

Sur tous les fronts

Quel rôle pour lui dès lors ? À ses dires, la présidence ne l’intéresse pas. Techniquement, il lui est d’ailleurs impossible d’y prétendre en raison de la règle sur le cumul des mandats. Pour succéder à Jean Rottner, dans l’hypothèse où celui-ci – s’il décide de convoiter un deuxième mandat – ressortirait affaibli des scores obtenus au premier tour sur ses propres terres alsaciennes, ce qui rebattrait les cartes à droite, François Grosdidier serait contraint d’abandonner son fauteuil de maire, au profit d’un de ses premiers lieutenants, ce qui reviendrait à ne pas disparaître entièrement. Le fauteuil de président de Metz Métropole, il pourrait en revanche le conserver : actuellement, trois élus sont dans ce cas, présidents de Région et d’intercommunalités, Xavier Bertrand (LR) dans les Hauts-de-France, Christelle Morançais (LR) en Pays de la Loire, et Loïg Chesnais-Girard (PS) en Bretagne. Mais de la politique-fiction aux réalités de juin, il y a plus qu’un pas qui d’ailleurs nous éloigne de ses ambitions de départ : François Grosdidier veut peser, intention qui se vérifiera y compris aux départementales à travers la présence en première ligne de certains de ses adjoints municipaux. En temps voulu, il clarifiera ses objectifs.

Pierre Théobald

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