Moselle : le Rassemblement national peut-il entrer au Département ?

Sur le canton de Stiring-Wendel, Kévin Pfeffer, en duo avec Patricia Scheuer, avait récolté 42,33 % des voix au second tour en 2015. Il retente sa chance cette année. Photo DR

Le RN croit en ses chances de siéger enfin au conseil départemental de la Moselle. « Notre travail d’implantation sur le territoire, mené sur le long terme, peut finir de convaincre les électeurs », avance le conseiller régional Kévin Pfeffer.

En Moselle, le Rassemblement national (RN) défend la politique des petits pas. À trois mois du scrutin départemental, il s’affaire autour d’une priorité, de sa priorité : présenter des candidats dans chacun des 27 cantons. Deux titulaires + deux suppléants par secteur, dans un respect strict de la parité, cela fait du monde à mobiliser mais Kévin Pfeffer refuse de se laisser gagner par le doute. « On les aura », assène-t-il, bien que contrarié par le calendrier imaginé par la préfecture : « La date limite de dépôt des candidatures a été fixée au 24 avril pour un premier tour de l’élection prévu le 13 juin. C’est tôt, très tôt même… »

D’ici là, le délégué départemental du RN n’a pas l’intention de ménager sa peine pour répondre à son ambition. D’autant qu’il est grand temps, à ses yeux, de réparer ce qu’il considère comme une « anomalie ». « Le Département, dit-il, est l’une des rares assemblées où nous ne sommes pas encore présents. Nous avons à cœur d’y figurer, afin d’y exprimer les idées de notre courant politique et d’y démontrer notre savoir-faire à cet échelon décisionnel. » Le Rassemblement national jusque-là écarté des débats, alors qu’il incarnait la principale force d’opposition à la Région au lendemain de l’élection de 2015, la faute à qui, à quoi ? « Au mode de scrutin avant tout », peste Kévin Pfeffer, dans la droite ligne de la position maintes fois exprimée par son parti : instaurer la proportionnelle partout où cela a du sens pour « une meilleure représentation de toutes les sensibilités de l’électorat, tout en accordant une prime au(x) gagnant(s) dans le but de garantir la stabilité de l’assemblée ». Au lieu de quoi, aux départementales, le binôme vainqueur ne laisse que des regrets à ses adversaires. « 50 % des voix + 1 au second tour, dans un duel, pour exister au Département, ce n’est pas rien. La barre est assez haute. »

Le RN compte pourtant la franchir cette année en Moselle, même s’il lui revient aux oreilles une critique souvent formulée. Celle d’un discours trop « national », trop déconnecté des enjeux locaux. Kévin Pfeffer d’objecter : « Je peux l’entendre, cette critique, mais moi je perçois plutôt notre positionnement comme un atout. Il s’agit d’une constance dans nos engagements, nos valeurs, notre manière de faire et elle est à mettre à notre crédit. » Surtout, elle cohabite aujourd’hui avec une stratégie politique définie par Marine Le Pen depuis son arrivée à la présidence du Front national d’hier, en 2011, une stratégie en rupture avec celle de son père Jean-Marie qui ne jurait que par la présidentielle. « Son objectif a toujours été d’ancrer des figures locales dans le paysage, des candidats qui se représenteraient d’élection en élection et ainsi parviendraient à s’imprégner des problématiques de leurs territoires pour un meilleur travail de proximité. »

« Une étape importante »

L’heure est venue de récolter les fruits de ce processus au long cours, à en croire le délégué départemental du RN, qui appuie aussi sa confiance sur les résultats des dernières municipales à Hayange, où Fabien Engelmann avait été reconduit à la tête de sa commune dès le premier tour, avec 63 % des voix. Un plébiscite. « Une preuve de plus que le Rassemblement national connaît le chemin qui mène à la victoire. »

Pour les départementales du mois de juin, ce chemin passe en Moselle par des « zones de force » ciblées : les cantons de Hayange, Forbach, Freyming-Merlebach, Stiring-Wendel. Avec de « bonnes surprises » espérées à Boulay, Bouzonville, Faulquemont, Sarrebourg ou encore Phalsbourg. Cette échéance électorale est « une étape importante » pour le RN, observe Kévin Pfeffer, « car elle pourrait installer Marine Le Pen dans une dynamique très positive » en vue de la présidentielle, à l’agenda de 2022. Mais un pas après l’autre….

Thomas Vuagnoux

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