Nancy | Feu vert de l’État pour le nouveau CHRU

Le gouvernement, par la voix d’Olivier Véran, vient de valider le projet de regroupement des activités du CHRU de Nancy sur le site de Brabois en s’engageant à accompagner à hauteur de 70% un investissement de près de 600 millions d’euros.

Retour en arrière. Depuis dix ans, le CHRU, qui comme tout centre hospitalier universitaire doit remplir une triple mission (soigner, enseigner et contribuer à l’innovation par la recherche), a dû faire des efforts gigantesques pour remettre à l’endroit une situation financière très dégradée et plombée – alors que l’établissement était très peu endetté jusqu’en 2002 – par la hausse des charges résultant notamment des investissements immobiliers : construction des pôles de cardiologie (bâtiment Louis Mathieu) financé par un recours à l’emprunt et des spécialités médicales (Philippe Canton), contractualisé sous forme de partenariat public privé, sans oublier à une moindre échelle l’acquisition de la tour Marcel Brot afin d’y regrouper les différentes écoles médicales et paramédicales.

Dans un rapport datant de mars 2010, la Chambre régionale des comptes observait déjà l’étendue, l’ancienneté et la dispersion du patrimoine immobilier du CHRU. Elle recommandait de regrouper les sites et préconisait l’instauration d’un plan directeur permettant de mettre en adéquation le patrimoine par rapport au projet médical, dans une logique de rationalisation et d’optimisation des moyens.

De lourdes économies

Onze ans après, nous y sommes. Mais avant, il a fallu stabiliser le déficit, mettre en œuvre un plan de refondation et réaliser de lourdes économies qui se sont traduites par des suppressions de postes (600 étaient encore annoncées avant le début de l’épidémie) et de lits (174 prévus au même moment). Une purge douloureuse que l’ancien directeur général de l’Agence régionale de santé Christophe Lannelongue avait confirmé au plus fort de la première vague de Covid-19. Une attitude que Laurent Hénart, alors président du conseil de surveillance du CHRU, avait qualifié de « déconcertante et indécente ». Devant l’indignation générale, Édouard Philippe et Olivier Véran n’avaient eu d’autre choix que de suspendre le projet prévu sans évoquer pour autant son abandon.

Olivier Véran, Ministre des Solidarites et Mathieu Klein Maire de Nancy suivi d’une visioconference. Photo DR

Autre travelling arrière. Nous sommes le lendemain de l’élection de Mathieu Klein qui nous reçoit dans son bureau de président du conseil départemental, puisqu’il n’est pas encore installé à la mairie. Comme nous l’interrogeons sur ses priorités, il nous indique la première sans hésiter : « Rappeler à l’État ses engagements sur le projet immobilier du CHRU, les investissements à accomplir ainsi que l’abandon ferme et définitif du plan de suppression de postes. » Depuis, le maire de Nancy n’a cessé de demander des garanties au ministère de la Santé, auquel il a toujours rappelé les efforts de rationalisation consentis par le CHRU.

Lors de sa visite au centre de vaccination de l’hôpital Central, Olivier Véran avait annoncé l’imminence de la décision. Elle est désormais connue : participation de 420 millions d’euros, soit 70% de l’investissement nécessaire à la construction d’un nouvel hôpital sur le site de Brabois, reprise d’un tiers de la dette (128 millions d’euros) et réorientation de postes administratifs pour renforcer les effectifs soignants et maintenir 300 postes en équivalent temps plein dont le projet initial prévoyait la suppression.

La tendance s’inverse et l’horizon se dégage

Bonne nouvelle ? Assurément. La meilleure étant peut-être la reprise d’une partie de la dette qui constitue un poids insurmontable pour les meilleurs gestionnaires. Longtemps réclamé en vain, son allègement va permettre à l’établissement de se relancer avec moins de contraintes et plus de dynamisme. Le financement d’une grande partie du schéma immobilier (420 millions d’euros) est à la fois une mesure d’urgence à la hauteur des attentes et un desserrement du corset financier qui, de trop longue date, empêchait l’hôpital d’avancer. Cette dotation bienvenue permettra surtout au CHRU, dont l’univers est encore trop fragmenté, dispersé et vieillissant, d’éliminer les doublons, de regrouper les moyens, d’obtenir une meilleure coordination et d’accomplir avec encore plus d’efficience l’ensemble de ses missions.

C’est la première étape d’un programme plus nécessaire que jamais pour disposer d’installations hospitalières plus modernes, plus fonctionnelles, contribuant à une meilleure prise en charge des patients et à un niveau d’excellence encore plus élevé dans les domaines des soins et de la formation. Les travaux préparatoires devraient débuter dès cette année. Ils préfigureront l’ouverture du chantier prévu en 2022 pour une livraison prévue en 2028. Après des chocs encaissés, des efforts répétés, des plans de restructuration supportés, la tendance s’inverse et l’horizon se dégage. Enfin !

Pierre Taribo

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