Les associations messines, de vraies boîtes à idées pour accélérer la transition écologique

Une ville plus verte, c’est l’envie commune qui anime plusieurs associations et collectifs de citoyens implantés à Metz. Si certains sont satisfaits de l’engagement pris par la municipalité en matière de transition écologique, d’autres sont plus critiques et estiment que la Ville pourrait aller beaucoup plus loin.

Pour les jeunes de Youth for Climate, François Grosdidier est loin d’en faire assez sur la question de l’écologie. Âgés de 16 et 17 ans, Pablo Flye et Lila-Brune Remy associent les promesses de l’édile messin à une volonté de « paraître », et non une véritable envie d’action, de changement. « Je me suis beaucoup penchée sur le programme de François Grosdidier et j’ai remarqué qu’il était dans une dynamique d’attractivité. C’est dommage, car embellir la ville n’est pas synonyme d’une action écologique », affirme Lila-Brune Remy. À la plantation d’arbres dans le centre, les deux adolescents préféreraient la création de véritables parcs dans leur ville. « Végétaliser, ce n’est pas uniquement mettre des arbres, c’est plus poussé, il faut créer des mini-écosystèmes plus sauvages », estime Pablo Flye.

Du côté de l’association Motris, qui œuvre pour la mise en place de différentes solutions en matière de transition écologique, la municipalité prend la bonne direction pour ce qui est de la végétalisation. « On est dans une bonne dynamique, notamment grâce au gros projet de plantation “10 000 arbres, 10 000 enfants”, et je suis ravie. Il faut cependant faire attention à ne pas contrebalancer cet effort en coupant d’autres arbres », avertit Marie Madec, chargée de communication et de coordination de l’association, qui ne peut cependant pas en dire autant concernant les mobilités douces. « Sur le vélo, on prend le mauvais chemin. Si des pistes existent, je constate un vrai problème de continuité. Il y en a beaucoup en apparence, mais c’est pour la bonne conscience, car ce ne sont en réalité que des bouts de pistes cyclables, parfois non sécurisées », regrette-t-elle.

Réduire les émissions, une priorité

Un point noir également soulevé par Éric Tschudy, membre du collectif Metz marche pour le climat. « Les gaz à effet de serre ne diminuent pas à Metz. Le vrai problème du programme de François Grosdidier est qu’il a pour principe de ne jamais déranger les voitures, ça reste le mode de déplacement favorisé », analyse-t-il. Pour y remédier, les jeunes militants de Youth for Climate proposent d’augmenter le nombre de pistes cyclables en périphérie. « Il faut pouvoir proposer une vraie solution pour que les gens puissent se permettre de faire 30 minutes de vélo pour aller au travail, considère Pablo Faye. Nous n’avons pas besoin de nouvelles solutions dans le centre-ville, qui est déjà sécurisé. »

Lila-Brune Remy et Pablo Flye,de Youth for Climate. Photo La Semaine

Réduire les émissions, un objectif qui passe aussi par les transports en commun. Si les associations consultées sont satisfaites de l’offre proposée dans la métropole, elles souhaitent toutes voir la municipalité instaurer la gratuité, au moins le week-end, pour inciter les Messins à délaisser leurs voitures. « Les gens seront reconnaissants qu’on leur fasse confiance et ils seront respectueux des infrastructures, mais il faudrait être vigilant pour ne pas perdre en qualité », convient Marie Madec, pour qui « les bus à hydrogène ne sont pas une solution et ne font que déplacer le problème de production d’énergie ». Un constat partagé par Youth for Climate. « Les Mettis sont vite bondés en plus d’être chers. Il serait intéressant d’étoffer l’offre, et surtout de les rendre gratuits pour les populations précaires comme les étudiants, les mineurs ou les seniors », avance Lila-Brune Remy.

Inciter à consommer autrement

Les jeunes attendent également du maire du Metz qu’il encourage ses administrés à consommer autrement, via la création d’une monnaie locale, par exemple. « Cela a déjà porté ses fruits, à petite échelle, car cela permet de se rapprocher d’initiatives locales et de participer à leur financement, défend Pablo Faye. Je pense par exemple aux associations sportives du quartier de Borny, qui peuvent devenir un vrai vecteur de transition écologique si nous donnons les moyens aux gens de les soutenir. »

Signataire avant son élection du Pacte pour la transition écologique, François Grosdidier s’est engagé fortement sur 27 des 32 mesures en faveur de l’environnement proposées par une dizaine d’associations messines aux candidats des élections municipales. « C’est un engagement notable et très positif qui va nous permettre de vérifier les points qui sont respectés et faciliter leur mise en œuvre », affirme Éric Tschudy. Pour le membre de Metz marche pour le climat, l’engagement vert de la municipalité est visible à travers son soutien à différents projets, comme l’appel à projet des Frigos Ardents ou les jardins à partager Incroyables comestibles. « Je ressens que François Grosdidier est convaincu par l’écologie urbaine, qui est d’ailleurs un héritage de Jean-Marie Pelt. J’ai un sentiment logique qu’il a une pensée sincère concernant l’écologie, qui reste à confirmer sur le long terme. »

Laura Bannier

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