Piétonnisation à Nancy | Une nouvelle révolution de la circulation et du stationnement ?

C’est la question qui brûle les lèvres avec cette marche actée vers la piétonnisation d’une partie du centre-ville nancéien. Qu’en sera-t-il pour la circulation, pour le stationnement ? Nouvelle mouture en vue après les changements de sens de 2019 ?

Avant de se lancer dans les grands projets, les argumentaires, les avancées révolutionnaires, il y a des faits indéniables dont il faut tenir compte. L’urbanisation nancéienne dans son ensemble, mais encore davantage dans son hyper-centre, limite les modifications. L’effet domino n’est jamais loin. Piétonniser une rue, changer le sens de circulation d’une autre, implique souvent d’agir sur celle d’après. Et si la suppression des sens uniques s’opère, c’est le stationnement qui en pâtit. L’autre élément, c’est aussi une question de générations. Avec un parc automobile qui a triplé en 40 ans, la largeur des rues nancéiennes, elle, n’a pas évolué. Elle serait même réduite avec la volonté, poussée aussi par les nouvelles aspirations, de réduire les espaces voitures pour privilégier les aménagements de mobilités douces et dédiées aux transports en commun. Sans parler des cheminements piétons, du retour de la nature en ville.

Autre donnée à prendre en compte lorsque l’on s’attaque à ces questions, c’est la part du trafic de transit traversant de bout en bout le centre-ville sans s’y arrêter : près d’un tiers du trafic global selon les enquêtes métropolitaines de 2019. Avec à la clé, des rues comprimées, la pollution et un impact économique limité voire nul. Numéro d’équilibriste donc. Il faut savoir jongler avec tous ces éléments avec l’impossibilité de repousser les murs des immeubles pour élargir les rues et de faire la chasse totale à la voiture.

Recourir à la piétonnisation pour certaines rues fait donc appel aux alternatives pour d’autres. Avec des problématiques centrales d’accès au centre-ville, de report de circulation. Même si la majorité fait le pari d’une réduction, le trafic ne va pas s’évaporer. Et donc il faudra continuer à circuler. Comment ? Dans quelle mesure ce sera encore possible ? Tout automobiliste qui s’est déjà retrouvé aux heures de pointe, mais pas uniquement, rues Henri Poincaré et Gambetta peut en témoigner. Circulation fortement dense, croisement épique avec les véhicules remontant depuis le tunnel de la place Charles III, la rue des Carmes jusqu’à la rue Stanislas. Sans parler un peu plus bas, des concerts de klaxon qui débutent bien souvent rue du Pont Mouja avec une prolongation rue Saint-Nicolas. Vous y ajoutez un stationnement aussi épique qu’anarchique et une absence de mobilier urbain empêchant ce dernier malgré la récente rénovation de la rue, les noms d’oiseaux ne sont plus très loin.

Comment faire pour sortir de la ville cet été ?

Alors que faire ? En 2019, la précédente majorité s’y était déjà attelée. Avec un nouveau plan de circulation dont l’objectif devait viser à offrir une meilleure circulation au centre-ville, un accès facilité aux parkings, traduit par une inversion des sens de circulation de la rue des Carmes et de son tunnel puis l’ajout d’une voie de circulation rue des Quatre Eglises jusqu’à la rue Stanislas. Des voies entrantes vers le centre-ville. Verdict ? Cela semble plutôt bien fonctionner pour l’ensemble dans ce sens là.

Et les voies sortantes dans tout cela ? Il faut réécouter ce que disait à l’époque Thierry Coulom, en charge du stationnement et de la circulation dans la précédente mandature. « Avec la fin des travaux sur Nancy Grand Cœur et l’aménagement du boulevard de l’Insurrection du Ghetto de Varsovie, une voie sortante s’offre vers l’avenue du Général Leclerc. La sortie de la ville peut également se faire par la rue des Dominicains jusqu’à la rue Saint-Nicolas. Ou par la rue Chanzy pour une grande ligne droite par la rue du Grand Rabbin Haguenauer, Alexandre Ier et boulevard de l’Insurrection du Ghetto de Varsovie. »

Avec cette expérience de piétonnisation rues Gambetta et des Dominicains, c’est une artère principale de sortie qui va être obstruée. Temporairement certes mais tout de même. Quelles alternatives donc ? Inverser le sens de circulation de la rue Saint-Dizier pour en faire une voie sortante ? Supprimer du stationnement dans cette même rue pour y installer une circulation à double sens ? Un renvoi vers la rue Jeanne d’Arc qui supporte déjà une grosse traversée d’automobilistes ? Vers le boulevard du 26e R.I. ? Vers la rue Chanzy ? Est-ce que tous les travaux seront terminés dans ces espaces et ne limiteront plus la circulation ?

Attention aussi à ne pas limiter les accès aux parkings qui risquent d’être davantage sollicités avec la suppression des places en surface dont la chasse a déjà commencé. Si le maire de Nancy promet des propositions sur le stationnement pendant cette phase de test, il est fort à parier que les automobilistes, riverains et commerçants aimeraient déjà voir s’esquisser des solutions. La nouvelle majorité semble pouvoir aussi délaisser l’argument d’un report vers les parkings relais. Le dernier en date mis en service au parc des Expositions ne fonctionne pas et les navettes installées pour l’occasion s’avèreraient … très coûteuses !

Une histoire de dominos qui n’a pas fini, à défaut peut-être de circuler et stationner, de faire parler.

Baptiste Zamaron

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