Rue Saint-Livier au Sablon : Branko and co

C’est l’une des artères nourricières du Sablon. La rue Saint-Livier est bien connue pour ses commerces de bouche. Des boulangeries aux boucheries, en passant par la poissonnerie, elle reste une des parallèles du centre-ville où il fait bon flâner. Elle abrite surtout l’une des meilleures pizzérias de Metz : chez Branko.

Des cigales au Sablon. Leur chant a été capté dans la chaleur d’un été, il y a deux années. Les enfants du Graoully étaient partis en grandes vacances. D’habitude, ce sont eux qu’on entend quand, durant les récréations, ils viennent s’ajouter aux bruits de la rue Saint-Livier. C’est elle l’une des artères repères du Sablon. Dites à Metz que vous êtes résident de ce quartier et l’on vous demande immanquablement à quelle distance se trouve votre foyer de la rue Saint-Livier. La question qui vient ensuite est la suivante : t’as déjà goûté les pizzas de chez Branko ? Ben oui bien sûr, quelle question, forcément ! Branko, c’est la rue Saint-Livier, c’est le Sablon. Enfin c’était, parce que Branko, ça fait presque sept ans qu’il est parti à la retraite. Derrière et devant les fourneaux, c’est Jacqueline, sa femme, qui gère. Madame Branko comme on l’appelle.

Ce mardi matin, Jacqueline a le téléphone en rade mais le sourire accroché derrière le masque. Après deux jours de congés, la pizzéria se remet en ordre de marche.

« Les gens nous aiment bien »

Nimbée d’un beau soleil de mars, la salle de restauration est vide depuis de trop longs mois, ne reste que le service à emporter. Branko ne livre pas. Jacqueline n’a jamais voulu « mettre [ses] gamins sur des scooters », comme elle dit. Ses gamins sont partis mener leur vie professionnelle, les scooters sont toujours absents et « ses garçons » officient ici, entre ces murs où Jacqueline et son mari se sont installés il y a 28 ans. Jacqueline est vendéenne, Branko, serbe. Son vrai prénom c’est Branislav, mais tout le monde l’appelle Branko, comme l’a surnommé sa maman quand il était enfant. Ça veut dire « mon petit ». Jacqueline et Branko se sont rencontrés dans un restaurant, celui de Madame Rossi, Le Chat Noir. Quand Branko a déniché ce local, il a décidé que le couple y installerait sa pizzéria. Une sorte de certitude que Jacqueline n’a pas cherché à contrecarrer. Une Vendéenne et un Serbe qui font des pizzas au Sablon, pourquoi pas. « On a fait ce que l’on savait faire », raconte tout simplement Jacqueline.

À leurs débuts, ils sont ouverts toute la journée, tous les deux aux fourneaux dans seulement une partie du local qu’ils occupent actuellement. « Les clients ont tout de suite été au rendez-vous. » Ils n’en ont depuis plus jamais manqué. Du Sablon et de partout ailleurs, on vient manger les pizzas Branko, la Reine surtout, qui reste la favorite. Quand l’activité n’est pas endormie par un virus, huit personnes travaillent ici. À l’extérieur, les gens patientent, sur la terrasse ou debout à côté des fleurs que Jacqueline dispose pour créer une petite déco sympa. On patiente et on discute. Il y a toujours de l’ambiance, ça brasse. « Les gens nous aiment bien », résume Jacqueline.

« On revient toujours au Sablon »

Il y a quelques années, avant de partir à la retraite, son mari a ouvert un restaurant de sushis, juste en face. Un succès. Des clients en demandent encore aujourd’hui. Jacqueline pense à en remettre quelques-uns à la carte. Il y a quelques semaines, elle a commencé à remplir ses papiers de départ à la retraite mais depuis, impossible de remettre la main dessus. Elle n’a pas envie d’arrêter, la rue Saint-Livier n’a pas envie qu’elle s’arrête. En 28 ans, Jacqueline a vu des commerces ouvrir et fermer mais les piliers sont restés. La poissonnerie, les deux boulangeries, les boucheries, le volailler, la pharmacie. Ajoutons à cela les plus récents : le fleuriste et tout récemment l’épicerie Au Bon Beurre. Maxime Vuillard n’a pas choisi ce quartier par hasard. Son père y tient une boucherie et en connaît le potentiel. Le jeune homme s’est lancé il y a quelques mois, proposant un maximum de produits locaux, du beurre à la coupe, comme le nom de son enseigne l’indique, et l’accueil d’une épicerie de quartier. Entre la rue Saint-Livier et celle de la Chapelle, le sens de circulation est naturel.

Le samedi matin, elles sont prises d’assaut. Il y a des files d’attente qui se forment devant plusieurs points stratégiques de la boulangerie Wozniak en haut de la rue Saint-Livier à la boulangerie Lemoine à l’autre extrémité, rue de la Chapelle. Le mercredi, c’est sur la place Saint-Livier que le monde s’agite. Jour du marché. Il fait bon y flâner et y croiser une population diverse à l’image de la densité de ce quartier. « Quand on part du Sablon, on revient toujours au Sablon. Ça attire, il y a tout ici », résume Jacqueline. Rien d’étonnant dans ce constat puisque même les cigales s’y sentent bien.

AS

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