Morgan Bietry, gérant des Écologes à Metz : mise au vert

Morgan Bietry est un écolo convaincu. À 37 ans, il vient d’ouvrir des chambres d’hôtes à Metz où cette philosophie accompagne les voyageurs. Les Écologes proposent une certaine idée de l’hébergement où l’échange prend une large place.

Bienvenue chez lui, chez eux. Depuis le 23 mars, Morgan Bietry et Thomas Benassi ouvrent les portes de leur appartement, à Metz. Le couple propose une table, des chambres, des discussions. Ce lundi matin, Morgan se prépare à accueillir un hôte. La fenêtre est grande ouverte sur la chambre Mirabelle. Décoration simple et chaleureuse. Les meubles sont de seconde main, chinés et restaurés. Sauf le lit et le matelas, pour que les voyageurs dorment d’un sommeil profond et paisible. Tout le reste vit ici une deuxième vie. Pareil pour la sœur de Mirabelle, Andromède, située quelques mètres plus loin. À elles d’eux, elles forment les Écologes, un nom qui en dit encore un peu plus sur la philosophie du lieu où les plantes s’épanouissent, cultivées par les mains expertes de Thomas. Ici, rien ne se perd. Sauf Francis, le caméléon, peut-être, « qui intrigue beaucoup nos hôtes ». Les visiteurs sont invités à trier leurs déchets, les draps sont en coton bio, les produits servis à la table d’hôtes sont locaux ou bio ou les deux. Au petit déjeuner, sur les pancakes cuisinés par Morgan, ils peuvent tartiner du miel du « pépé » de Thomas.

Ambassadeur du tri

L’envie d’ouvrir des chambres d’hôtes trotte dans la tête de Morgan et Thomas depuis trois ans. Avant, Morgan en avait déjà une, rue Dupont des Loges. Et il adorait le brassage d’idées et de cultures que cela lui offrait. Il a compté : 30 nationalités y ont posé leurs bagages. Et tout ce que cela implique de découvertes. Alors il a voulu tenter l’aventure en plus grand, avec son amoureux. Ensemble, ils se mettent donc en quête d’un appartement où installer leur rêve. Ils le trouvent rue Dupont des Loges, encore. Mais le temps de constituer un dossier auprès de leur banque, le bien leur passe sous le nez. Ils se remettent donc à chercher un appartement et trouvent celui-ci rue Poncelet. Deux mois de travaux sont nécessaires. « On a voulu toucher un minimum de choses pour éviter de jeter », précise Morgan. Sa conscience verte n’est jamais bien loin. Elle l’accompagne depuis ses 20 ans. Diplômé d’un BTS en communication à Thionville, d’où il est originaire, il travaille comme ambassadeur de tri pour la Ville. « Depuis, j’ai développé cette attention même si je ne suis pas un extrémiste dans ma manière de faire. »

Après son passage à la Ville de Thionville, il commence une formation de web designer puis travaille au Luxembourg « mais pas du tout dans le web design, j’étais dans la décoration ». Il officie ensuite pour la radio France Bleu dans l’animation puis la relation auditeur. Morgan croise alors la route de la compagnie Deracinemoa, créée par Laurent-Guillaume Dehlinger, à l’origine du festival Hop Hop Hop. Morgan y commence comme bénévole avant d’en être salarié. Il y a deux ans, il arrête complètement pour se lancer dans son projet d’Écologes. Thomas, lui, conserve son emploi d’infirmier pour assurer leurs arrières.

Le miel de pépé

Depuis l’ouverture, leurs chambres d’hôtes affichent complet, que de la dernière minute mais ça fonctionne. « Les clients sont séduits par l’idée de pouvoir manger ici. Ce qui n’est pas toujours possible dans un hôtel, étant donné le contexte », souligne Morgan. C’est lui qui officie derrière les fourneaux. « Je traîne toujours dans la cuisine. J’ai toujours aimé ça. » Il y a quatre ans, il passe un CAP pâtisserie. Il maîtrise aujourd’hui « la rigueur » des techniques de cet art, tout en en appréciant la part de créativité. Il aime aussi faire découvrir à ses hôtes les spécialités locales. Une quiche, une tarte, ou un petit alcool distillé dans un dessert. Le but est de nourrir ses invités dans tous les sens du terme. Morgan a déjà en tête de mettre en place des ateliers de pâtisserie, de confitures ou de bricolage.

Son papa « bricolo » est venu aider, tout comme celui de Thomas, électricien. Cette aventure est aussi une histoire de familles. La leur et celle qu’ils espèrent créer en ouvrant leurs portes. « Nous voulons que les gens viennent et reviennent », lance Morgan.

Aurélia Salinas

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